La vaccination : halte à la désinformation

Les réseaux sociaux permettent de nous renseigner rapidement. Malheureusement, ils contribuent parfois à la propagation de fausses informations. L’une des principales conséquences de la désinformation est la résistance à la vaccination. En tant que fédération médicale, nous encourageons nos professionnels de la santé à investir l’espace public pour contrer la pseudoscience dès qu’elle se pointe.

Ensemble, pourfendons la pseudoscience!

Parmi les éléments de désinformation, il y a la prétention qu’il existerait un réel débat dans la communauté scientifique sur la vaccination. Cela amène des parents dans le doute à s’abstenir de faire vacciner leur enfant.

La réalité est qu’il existe un très large consensus international parmi les scientifiques sur la nécessité de vacciner la population pour éradiquer un ensemble de maladies graves.

Des arguments pour la vaccination

Les bienfaits du vaccin sont très nombreux. Il permet, entre autres, de se protéger soi-même d’un virus en renforçant son système immunitaire et d’éviter la transmission de la maladie à d’autres personnes.

Le Dr Karl Weiss, microbiologiste-infectiologue et professeur à la Faculté de médecine de l’Université McGill, est catégorique : 

« Lorsqu’on a compris l’importance d’un vaccin, l’espérance de vie au Québec est passée de 45 ans, au début du 20e siècle, à plus de 80 ans actuellement. »

« En 1900, un enfant sur deux au Québec n’atteignait même pas l’âge de 18 ans et la mortalité durant la première année de vie était considérable! »

De nombreux cas de cancer évités grâce aux vaccins

Un exemple éloquent est l’introduction massive des vaccins contre les infections par le virus du papillome humain (VPH). Dans les groupes dans lesquels il a été introduit, le nombre de cas de cancer du col l'utérus a considérablement régressé ou est tombé quasiment à zéro. Ce vaccin permet aussi de prévenir les cancers du rectum, de l’anus et de la gorge, attribuables au VPH. Ces cancers touchent autant les hommes que les femmes.

Ce sont des maladies graves pouvant causer la mort et qui sont évitables grâce à la vaccination.

Essentielles pour certaines interventions chirurgicales

Les interventions chirurgicales complexes, telle la splénectomie (ablation de la rate en raison de certaines maladies ou d'un traumatisme), nécessitent des vaccins. Autrement, le risque de développer des infections augmente, puisque l’organe ne peut plus jouer son rôle dans la dynamique du système immunitaire.

La vaccination : victime de son succès

Les vaccins ont rendu certaines maladies infectieuses tellement rares que la population n’est pas consciente des ravages qu’elles causaient. Par exemple, la poliomyélite, la diphtérie, le tétanos, la rage, différents types de méningites et la rougeole. Ce qui peut faire croire, à tort aujourd’hui, que les vaccins sont inutiles.

Les vaccins ont entraîné la disparition de maladies qui étaient mortelles, comme la variole, qui a été éradiquée grâce à une campagne mondiale de vaccination.

Le rôle des médecins et des infirmières dans la transmission de l’information

Selon Ève Dubé, anthropologue à l’Institut national de santé publique du Québec, 90 % des parents acceptent de faire vacciner leurs enfants. Les infirmières doivent toutefois consacrer plus de temps à les en convaincre. Pour elle, les médecins et les infirmières demeurent la principale source d’information des parents. Ils ont un rôle clé dans la confiance de la population envers les vaccins.

Elle suggère aux professionnels de la santé d’utiliser avec les parents une approche qui a fait ses preuves chez les personnes aux prises avec une dépendance au cannabis ou encore à l’alcool : l’entretien motivationnel. Cette approche consiste en une relation d'aide sous la forme d’une conversation qui permet de renforcer la motivation d'une personne et son engagement vers le changement. Dans le cas des résistances à la vaccination, il s’agit de discuter avec les parents, afin de comprendre les motifs de leur résistance et de dissiper leurs craintes. 

Inspirer confiance

L’entourage des parents a souvent une « histoire d’horreur » à raconter au sujet des vaccins, ou des anecdotes qui peuvent susciter la crainte. Les médecins devraient pour leur part avoir en tête quelques expériences factuelles rassurantes pour les parents.

L’information : un droit et un devoir constant

Les scientifiques en chef du Canada et du Québec, de même que divers groupes d’experts, ont rappelé l’importance de la méthode et de la validation scientifique.

Récemment, des chercheurs de l’Université Laval ont réalisé des percées intéressantes. Ainsi, ils ont conçu l’algorithme Pèse-savants, qui compare un article sur un sujet donné en regard du consensus scientifique.

Plusieurs médias contribuent à contrer la désinformation avec des méthodes éditoriales de validation des faits, qui permettent aux citoyens de démêler le vrai du faux en matière de santé.

Par exemple, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) offre un programme de lutte contre la désinformation, #30 sec avant d’y croire, afin de donner aux étudiants de deuxième cycle du secondaire des « réflexes pour repérer les fausses nouvelles et mieux saisir l’impact qu’elles peuvent avoir dans la société ».

Pour en savoir plus sur la vaccination